Maxime Cottenceau : de Buxy aux premiers crus de Montagny
À Buxy, Maxime Cottenceau a choisi de mettre son nom sur des vignes familiales longtemps destinées à la cave coopérative. Son domaine est jeune, mais le paysage qu’il travaille ne l’est pas : les coteaux de Montagny donnent ici des chardonnays précis, élevés longuement et séparés par parcelle. Nous aimons cette démarche parce qu’elle rend une appellation très lisible. Les Vignes Longues et Montcuchot portent le même nom de village et le même cépage, sans raconter tout à fait la même histoire.
À Buxy, une cave née des vignes familiales
Maxime Cottenceau est né en 1996. Après un BTS d’œnologie, il travaille deux années auprès de Vincent Dureuil, à Rully. Il revient ensuite à Buxy avec l’envie de conduire lui-même toute la chaîne, de la vigne à la mise en bouteille. Le domaine naît en janvier 2018, lorsque ses parents retirent une partie de leurs parcelles de la coopérative locale pour l’aider à démarrer. Il reçoit alors un Givry blanc et plusieurs premiers crus de Montagny, dont Les Vignes Longues, Les Bassets, Montcuchot et Vigne du Soleil.
Les premières années ne lui laissent guère de répit. La vendange 2018 est vendue au négoce pour faire vivre le projet, le gel ampute 2019, puis la sécheresse marque 2020 et le gel frappe encore en 2021. La cave est construite en 2019, à la sortie sud de Buxy, sur la route de Cluny. Peu à peu, le domaine se recentre autour d’un ensemble cohérent de parcelles, principalement à Montagny, avec quelques vignes à Givry, Mercurey et en appellation Bourgogne.
Ce parcours compte dans le goût des vins. Maxime Cottenceau n’a pas hérité d’une gamme déjà mise en bouteilles sous le nom familial : il a dû la construire. Nous y voyons moins un récit de « jeune prodige » qu’un travail très concret de sélection, de cave et de continuité familiale.
Quatre villages et un seul cépage pour Montagny
Montagny occupe l’extrémité sud de la Côte Chalonnaise. L’appellation, reconnue en 1936, réunit Buxy, Montagny-lès-Buxy, Jully-lès-Buxy et Saint-Vallerin. Elle produit uniquement du blanc à partir de chardonnay et compte quarante-neuf climats classés en premier cru. Le nom d’un climat peut suivre « Montagny Premier Cru » sur l’étiquette : il situe alors le vin bien plus précisément qu’une simple mention de Bourgogne blanc.
Les vignes montent entre 250 et 400 mètres, souvent sur des coteaux tournés vers l’est ou le sud-est. Les calcaires, les marnes et les argiles changent avec la pente. Cette diversité explique qu’un même cépage puisse donner un blanc plus droit sur une parcelle et plus ample sur une autre, sans qu’il soit nécessaire d’inventer une hiérarchie automatique entre les deux.
Le domaine de Maxime Cottenceau traverse justement plusieurs de ces situations. Les Vignes Longues se trouvent à la limite nord de l’appellation, en haut de coteau, face à l’est, sur un sol où l’argile tient une place importante. Montcuchot se situe plus au sud, au-dessus de Buxy, avec une faible épaisseur de terre sur la roche. Deux premiers crus, deux expositions et deux rapports au calcaire : le mot Montagny reste commun, le relief change la phrase.
Un même élevage pour laisser parler les parcelles
Le choix de cave est net. Les blancs suivent une trame commune afin que la différence vienne d’abord du lieu : pressurage, élevage d’environ un an en fûts, puis plusieurs mois en cuve inox avant la mise. Une part de bois neuf accompagne l’ensemble, avec un travail sur les lies et une filtration légère. Maxime Cottenceau garde volontairement des lies en fût et accepte un contact mesuré avec l’air pendant l’élevage. Ce n’est pas un détail de technicien : cette méthode cherche à construire le vin sans effacer sa parcelle.
Les Vignes Longues regardent l’est, à près de 300 mètres d’altitude. Le secteur mêle davantage d’argile au calcaire et donne souvent une sensation large au milieu de bouche, tenue par une acidité franche. À Montcuchot, la roche affleure sous une mince couche de sol. Le lieu reçoit le soleil différemment et garde de l’ombre dans l’après-midi, un point précieux lors des journées chaudes. Le vin peut y gagner en densité sans perdre sa ligne.
Nous trouvons cette comparaison plus utile qu’un classement abstrait. Elle permet de comprendre pourquoi deux chardonnays vinifiés par la même personne, dans la même cave, ne se confondent pas. L’élevage apporte du volume et parfois une nuance grillée dans la jeunesse ; le fruit, l’acidité et la finale saline doivent néanmoins garder le dernier mot.
Fleurs blanches, agrumes et table bourguignonne
Le Montagny jeune se reconnaît souvent à sa robe pâle, à ses notes de fleurs blanches, de citron, de pêche ou de poire, puis à une bouche fraîche qui peut prendre du gras avec l’élevage. Avec le temps arrivent plus volontiers la noisette, le miel léger et une nuance de pierre à fusil. Les Vignes Longues peuvent tendre vers les agrumes, les fleurs et une finale saline ; Montcuchot montre volontiers davantage de matière. Il s’agit de repères, pas d’un goût figé : l’année et l’ouverture de la bouteille restent décisives.
Nous servons ce style de blanc à 11 °C, dans un verre assez large pour qu’il ne reste pas serré. Une cuvée jeune peut profiter de quelques minutes dans le verre ou d’un passage bref en carafe si elle paraît réduite. Trop froide, elle perd son relief ; trop chaude, son élevage prend le dessus.
À table, les accords les plus justes gardent de la finesse. Des crustacés pochés, un poisson rôti, une volaille à la crème ou une blanquette de veau répondent à la texture du vin sans couvrir ses nuances. Un chèvre affiné, un beaufort ou un comté fonctionnent aussi, surtout lorsque le vin a déjà quelques années. Pour un dîner dans le Pays de Gex, nous choisirions volontiers une volaille crémée aux morilles : le gras appelle l’acidité, tandis que les notes de noisette du vin rejoignent la sauce.
Un Montagny village ou premier cru se montre déjà bien entre trois et cinq ans. Entre cinq et huit ans, il gagne souvent en rondeur et en complexité. Nous préférons toutefois raisonner bouteille par bouteille : un millésime tendu, une cave fraîche et un premier cru structuré peuvent prolonger le plaisir, alors qu’une bouteille conservée trop chaud doit être ouverte plus tôt.
Ce que nous en référençons
Notre catalogue cite exactement quatre vins du domaine : « Bourgogne "Les Verchères" - Domaine Maxime Cottenceau », « Givry "Champ Pourot" - Domaine Maxime Cottenceau », « Montagny 1er Cru "Montcuchot" - Domaine Maxime Cottenceau » et « Montagny 1er Cru "Vignes Longues" - Domaine Maxime Cottenceau ». Cette courte liste montre déjà trois niveaux de lecture : un Bourgogne de Saint-Vallerin, un Givry et deux premiers crus de Montagny.
Pour découvrir le domaine, nous commencerions par Les Verchères afin de saisir le style de cave, puis nous mettrions Les Vignes Longues et Montcuchot côte à côte à table. La comparaison vaut mieux qu’un discours : même vigneron, même cépage, mais des pentes et des sols qui déplacent l’équilibre du vin. Champ Pourot ouvre un autre chapitre, celui de Givry, que le chardonnay traduit avec davantage de largeur et un élevage qui demande parfois du temps pour se fondre.
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