Terroirs et savoir-faire

Domaine de la Vougeraie : le Clos Blanc au milieu des grands rouges

Publié le 2026-09-03 · 6 min · Par L’équipe de la Vinothèque du Léman

À Vougeot, le blanc tient une place discrète dans un paysage que l’on associe d’abord au pinot noir. Le Domaine de la Vougeraie en donne une lecture particulièrement claire : son Clos Blanc de Vougeot, monopole planté presque entièrement en chardonnay, voisine avec les grands rouges de la Côte de Nuits. La maison ne se résume pourtant pas à cette parcelle. Née en 1999 de vignes familiales réunies sous un même nom, elle relie Vougeot, Gevrey-Chambertin, Pommard, Savigny-lès-Beaune et Corton. Nous aimons cette gamme parce qu’elle permet de comprendre la Bourgogne par ses lieux, sans confondre le prestige d’un nom avec la personnalité de chaque vin.

Une mosaïque de vignes réunie sous un même nom

L’histoire commence en 1964, avec une première vigne acquise par Jean-Claude Boisset autour de Gevrey-Chambertin. Vingt ans plus tard viennent des parcelles à Vougeot et un premier pied en Côte de Beaune. Une nouvelle étape est franchie en 1996 avec l’arrivée d’un ensemble de vignes beaunoises. Le Domaine de la Vougeraie naît officiellement en 1999 : il rassemble ces terres et leur donne une identité commune, entre Côte de Nuits et Côte de Beaune.

Cette construction explique l’étendue de la gamme. On passe d’un Côte de Beaune blanc à des villages rouges, de premiers crus en grands crus, avec Vougeot comme point d’équilibre. Nathalie et Jean-Charles Boisset prolongent aujourd’hui l’histoire familiale initiée par leurs parents, Jean-Claude et Claudine. Le domaine n’a donc pas été dessiné d’un seul trait autour d’un clocher ; il s’est constitué au fil des acquisitions et des transmissions.

Le choix de la culture biologique accompagne le domaine depuis sa création. La biodynamie commence à y être mise en œuvre dès 2001. Travail des sols, repiquage des ceps manquants, arbres fruitiers, sélection massale et recours à des outils légers participent à la même recherche : garder des sols actifs et adapter le travail à chaque parcelle. Nous retenons surtout la cohérence du geste. Dans une propriété aussi dispersée, la méthode commune ne doit pas effacer les différences entre un coteau de Savigny, un premier cru de Vougeot et un grand cru de Corton.

Le Clos Blanc de Vougeot, un blanc dans un paysage de rouges

Vougeot est une appellation Village de la Côte de Nuits qui produit deux couleurs. Les rouges viennent du pinot noir, les blancs du chardonnay. Quatre climats y sont classés en premier cru, tandis que Clos de Vougeot constitue une appellation grand cru distincte. Ce point compte : « Vougeot », « Vougeot Premier Cru » et « Clos de Vougeot Grand Cru » ne sont pas trois façons d’écrire la même origine.

Le Clos Blanc de Vougeot se trouve près du château, au pied du mur nord du Clos de Vougeot. Cette vigne blanche est liée à l’histoire cistercienne du lieu, dont les premières vendanges sont situées au début du XIIe siècle. Elle est restée un monopole, c’est-à-dire une parcelle d’appellation détenue par un seul domaine. Son encépagement est précis : 95 % de chardonnay, 4 % de pinot gris — appelé ici pinot beurot — et 1 % de pinot blanc. Au milieu d’un secteur célèbre pour ses rouges, cette composition donne au Clos Blanc son visage à part.

Les Vougeot blancs associent volontiers aubépine, acacia, fruit jaune et nuance minérale. Avec l’âge peuvent venir le coing, la figue, l’ambre ou le pain d’épices. Le Clos Blanc ajoute une matière ample et une longueur qui ne doivent pas être prises pour de la lourdeur : l’équilibre se joue entre largeur, fraîcheur et finale. Les rouges de Vougeot suivent un autre chemin, autour de la violette, de la griotte et du cassis, puis du sous-bois et de la truffe en vieillissant. Nous avons ainsi, dans un même village, deux lectures très différentes du calcaire et des marnes de la Côte de Nuits.

Village, premier cru, grand cru : trois échelles à ne pas confondre

Les mots placés avant le nom de la cuvée donnent la première clé. « Vougeot Clos du Prieuré Monopole » appartient à l’échelle Village. « Vougeot 1er Cru Le Clos Blanc de Vougeot Monopole » monte d’un niveau et nomme un climat classé. « Clos de Vougeot Grand Cru » relève de sa propre appellation grand cru. Le terme « monopole » décrit la propriété d’une parcelle ; il ne remplace ni Village, ni premier cru, ni grand cru.

La même discipline vaut ailleurs dans la gamme. « Pommard Les Petits Noizons » porte le nom d’un lieu-dit de Pommard, tandis que « Savigny-lès-Beaune 1er Cru Les Marconnets » annonce clairement son classement. « Corton Grand Cru Clos du Roi » change encore d’échelle. Sur l’étiquette, chaque mot resserre la carte : région, village, niveau d’appellation, puis climat ou lieu-dit. Nous préférons partir de cette géographie avant de parler d’une hiérarchie abstraite.

Le style ne se déduit pourtant pas du classement seul. Un Vougeot blanc ne se sert pas comme un Clos de Vougeot rouge ; un Pommard n’a pas le même dessin qu’un Savigny-lès-Beaune ; une parcelle exposée, son sol, l’année et l’élevage modifient le vin. Le rang donne un cadre et souvent un potentiel de profondeur. Il ne dit pas à lui seul si le vin sera le plus juste pour une volaille, un poisson, un dîner simple ou dix années de cave. C’est là que notre métier de caviste reprend sa place : relier le lieu à l’usage réel.

À table, deux familles de service

Un Vougeot blanc gagne à être servi entre 12 et 13 °C. À cette température, le chardonnay garde son relief tout en laissant paraître sa texture. Nous l’associons à un poisson au four, des crustacés, une volaille à la crème ou des ris de veau. Un passage en carafe n’est pas automatique : sur un vin jeune et encore serré, une ouverture une heure avant le repas suffit souvent. Goûter d’abord évite de brusquer les arômes les plus fins.

Pour les rouges, 15 à 16 °C donne un meilleur équilibre qu’une température de pièce trop chaude. Un Vougeot ou un Savigny-lès-Beaune peut accompagner une pintade rôtie, un veau aux champignons ou un vacherin. La structure plus profonde d’un Pommard, d’un Corton ou d’un Clos de Vougeot appelle volontiers l’agneau, le canard ou un gibier à plumes. Nous cherchons des chairs tendres et des sauces qui prolongent le vin, plutôt qu’un plat puissant qui couvrirait tout.

La garde suit cette différence de carrure. Pour un blanc de premier cru bien conservé, six à dix ans offrent un horizon raisonnable ; les notes florales et minérales peuvent alors glisser vers le coing, la cire et les épices douces. Un rouge de village s’apprécie souvent sur cinq à dix ans. Les premiers crus et grands crus peuvent aller plus loin, fréquemment dix à vingt ans lorsque l’année et la cave le permettent. Ces repères ne sont pas une course à l’attente : nous préférons un vin ouvert dans son fruit à une bouteille gardée jusqu’à perdre son élan.

Ce que nous référençons du Domaine de la Vougeraie

Notre catalogue cite exactement « Côte de Beaune "Pierres Blanches" - Domaine de la Vougeraie », « Pommard "Les Petits Noizons" - Domaine de la Vougeraie » et « Savigny-lès-Beaune 1er Cru "Les Marconnets" - Domaine de la Vougeraie ». Ces trois libellés donnent déjà un parcours lisible entre blanc de Côte de Beaune, rouge de village et premier cru.

À Vougeot, nous référençons « Vougeot "Clos du Prieuré" Monopole - Domaine de la Vougeraie », « Vougeot 1er Cru "Le Clos Blanc de Vougeot" Monopole - Domaine de la Vougeraie » et « Clos de Vougeot Grand Cru - Domaine de la Vougeraie ». Notre catalogue comprend aussi « Charmes-Chambertin Grand Cru "Les Mazoyères" - Domaine de la Vougeraie » et « Corton Grand Cru "Clos du Roi" - Domaine de la Vougeraie ». Nous pouvons ainsi partir d’un plat, d’une couleur ou d’un temps de garde, puis choisir le lieu qui a le plus de sens.

La présence exacte de ces cuvées dans nos deux boutiques varie avec les arrivages.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

Une question reste en suspens ?

Dites-nous ce que vous préparez, ce que vous aimez et le budget que vous souhaitez garder. Un caviste de Ferney-Voltaire ou de Saint-Genis-Pouilly vous répond simplement.

Écrire à un caviste

À lire aussi

Sources vérifiées :