Faiveley à Mercurey : deux monopoles, deux couleurs
Faiveley évoque volontiers Nuits-Saint-Georges. Pourtant, une partie de son histoire se lit plus au sud, à Mercurey. Deux parcelles voisines, Clos Rochette et La Framboisière, appartiennent au domaine depuis 1933. L’une donne un blanc, l’autre un rouge. Nous aimons ce détour : il permet de comprendre une maison par ses terres, plutôt que par la seule réputation de son nom.
De Nuits-Saint-Georges à Mercurey, un ancrage de longue durée
L’histoire familiale commence à Nuits-Saint-Georges en 1825. Sept générations ont développé le domaine, aujourd’hui porté par Erwan et Eve Faiveley. Eve a rejoint son frère en 2014, après un parcours qui l’avait menée hors de Bourgogne. Cette continuité familiale n’a pas enfermé la maison dans son village d’origine : la Côte Chalonnaise compte aussi dans son paysage viticole.
À Mercurey, la date de 1933 réunit Clos Rochette et La Framboisière. Ces terres voisines dessinent un enracinement de près d’un siècle, bien loin d’une simple extension de gamme. La famille a choisi de posséder et de travailler des vignes dans ce secteur ; c’est une autre manière de lire sa géographie, à côté des noms de la Côte de Nuits.
Mercurey se situe au sud de la Côte de Beaune, dans la Côte Chalonnaise. L’appellation produit des blancs comme des rouges. Chez nous, nous préférons donc commencer par une question de paysage et de couleur : de quel Mercurey parle-t-on ? Le nom du village ne suffit pas à annoncer la texture du vin que l’on versera.
Deux propriétés exclusives, pas deux premiers crus
Le mot « monopole » signifie ici qu’un seul propriétaire détient le climat concerné. Clos Rochette et La Framboisière sont deux monopoles Faiveley, tous deux présentés en appellation village. Le terme ne les transforme pas en premiers crus. Il raconte une propriété, tandis que le classement raconte une place dans l’appellation : les deux informations répondent à des questions différentes.
Cette précision compte lorsqu’on découvre la Bourgogne. Une étiquette peut donner à la fois un village, un nom de lieu et une mention de propriété. Il n’est pas nécessaire d’en faire une échelle compliquée pour apprécier le vin. En revanche, savoir que ces deux parcelles sont voisines et travaillées par la même maison rend leur rapprochement intéressant : on garde un repère commun tout en changeant de couleur et de sol.
Nous ne cherchons pas à désigner un vainqueur entre elles. Un blanc et un rouge n’occupent pas la même place au repas. Le plaisir de cette comparaison vient plutôt de ce qu’elle révèle : une maison cohérente peut accompagner des expressions bien distinctes, sans ramener chaque lieu au même goût.
Roches affleurantes et argiles : le voisinage garde ses différences
Clos Rochette regarde le sud-est. Ses sols argilo-calcaires sont durs, parsemés de petites roches ; la pierre affleure et a donné son nom au climat. Ce détail est plus parlant qu’une formule générale sur « le calcaire bourguignon » : il décrit un terrain concret, où la roche est visible dans la parcelle.
À côté, La Framboisière possède des sols argilo-calcaires peu profonds et caillouteux, favorables au drainage. Mais le bas du coteau change : les argiles s’y mêlent aux limons, pour une terre plus compacte et plus froide. Même à l’intérieur d’un seul lieu, le relief fait donc varier les conditions de la vigne. Deux parcelles qui se touchent ne sont pas deux surfaces interchangeables.
Le nom de La Framboisière vient de la présence de framboisiers. C’est une jolie coïncidence avec le registre fruité du vin, pas une explication magique de ses arômes. Nous trouvons plus utile de garder les deux histoires à leur place : le nom conserve la mémoire du lieu ; le vin exprime aussi le raisin, l’année et le travail de cave.
Du blanc floral au rouge de fruits des bois, deux touchers
Clos Rochette associe les fleurs blanches et les épices à une attaque fraîche. La bouche prend ensuite de la rondeur et de l’onctuosité, avec un élevage en fûts de chêne. Le bois participe ici à la texture : nous ne résumerions pas ce blanc au seul mot « minéral », qui laisserait de côté sa chair et son mouvement.
La Framboisière prend un autre chemin : parfum de fruits des bois, fruits rouges croquants, touche boisée et tanins veloutés. Il y a de la puissance, mais le fruit reste un repère essentiel. À table, cette combinaison permet de chercher une chair tendre et un jus savoureux plutôt qu’un plat très épicé qui couvrirait les nuances.
Pour choisir entre les deux, nous revenons à des sensations simples : la fraîcheur du début de bouche, l’épaisseur du milieu, puis la façon dont la finale reste ou s’efface. Une sauce crémeuse appelle volontiers le toucher du blanc ; une cuisson rôtie et un jus de viande donnent au rouge une autre conversation. Ce vocabulaire aide davantage à trouver un accord qu’une série de superlatifs.
Une truite au beurre ou une volaille rôtie pour leur donner une place
Pour Clos Rochette, notre point de départ serait un service autour de 12 °C, avec une truite au beurre ou une volaille à la crème. La fraîcheur accompagne le gras, tandis que la rondeur trouve un écho dans la sauce. Trop froid, le vin perdrait une partie de son expression florale ; un verre qui se réchauffe doucement à table lui laisse davantage d’espace.
Pour La Framboisière, nous partirions vers 16 °C, avec une volaille rôtie, un filet de porc aux champignons ou des légumes rôtis servis avec des lentilles. L’idée est de conserver le fruit rouge tout en donnant aux tanins une assiette à rencontrer. Une sauce très sucrée ou beaucoup de piment déplacerait l’équilibre dans une autre direction.
Côté cave, les repères de garde sont de cinq à sept ans pour Clos Rochette et de quatre à huit ans pour La Framboisière, à ajuster au millésime et aux conditions de conservation. Ce ne sont pas des comptes à rebours après l’achat. Nous pouvons aussi préférer une bouteille encore portée par le fruit à une expression plus évoluée : attendre n’est pas une obligation pour bien boire ces vins.
Les repères Faiveley que nous référençons au catalogue
Notre catalogue porte les libellés exacts « Mercurey "Clos de Rochette" Monopole - Domaine Faiveley » et « Mercurey "La Framboisière" Monopole - Domaine Faiveley ». Ils permettent de retrouver les deux couleurs de ce récit. Nous y référençons aussi « Gevrey Chambertin "Vieilles Vignes" - Domaine Faiveley », autre point d’entrée dans la géographie de la maison, cette fois en Côte de Nuits.
Pour prolonger la découverte, nos catalogues donnent les régions que nous suivons ; nous pouvons en parler à Ferney-Voltaire ou à Saint-Genis-Pouilly à partir du plat prévu et des goûts de chacun. Nous vous confirmerons en boutique la disponibilité de la cuvée et de l’année recherchées.
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