Histoires de vignerons

Maxime Renaudin : recevoir des vignes, apprendre à faire du vin

Publié le 2026-11-08 · 5 min · Par L’équipe de la Vinothèque du Léman

Recevoir des vignes et savoir en faire du vin sont deux choses différentes. Le parcours de Maxime Renaudin tient dans cet écart : un diplôme de droit, un premier métier, puis l’apprentissage auprès de Laurent Vaillé et des ceps familiaux autour de Jonquières. Nous suivons ses rouges du Pays d'Hérault pour cette histoire de transmission, mais aussi pour leur recherche de fraîcheur et de finesse. Le carignan y tient une place centrale, sans raconter à lui seul tout le domaine.

Du droit à la vigne, un métier à apprendre auprès de Laurent Vaillé

Avant la vigne, Maxime Renaudin étudie le droit et travaille comme ingénieur qualité. Il ne descend pas d’une lignée de vignerons et n’a étudié ni l’agronomie ni la sommellerie. Son projet passe par un apprentissage auprès de Laurent Vaillé, à La Grange des Pères, à Aniane. Pour obtenir cette place, il revient plusieurs fois frapper à la porte. Il cherche moins une caution prestigieuse que la possibilité d’apprendre un métier au contact de celui qui le pratique.

Cette transmission passe par l’observation et par les sens : l’odorat, le toucher, le goût. Les explications ont leur place, mais une part de l’apprentissage se fait sans longs discours. Pour nous, c’est un point essentiel : une vinification n’est pas seulement une suite de chiffres et d’opérations. Il faut aussi reconnaître une évolution, comparer des sensations et décider quand agir.

Le domaine naît en 2018 ; son premier millésime est vinifié à La Grange des Pères. Cette proximité éclaire les débuts, sans transformer Maxime Renaudin en copie de son mentor. Le choix de donner au domaine son nom et son prénom engage au contraire une responsabilité personnelle. L’apprentissage reçu devient le point de départ d’un chemin propre.

Cinq hectares à Jonquières : un ancrage familial sans cave héritée

Les premiers ceps viennent d’un grand-oncle maternel qui libère cinq hectares du côté de Jonquières. Le carignan domine, accompagné de syrah et de grenache. Les parcelles reposent sur des sols argilo-calcaires exposés au vent, dans les contreforts du Larzac. Le lien familial existe donc bien, mais il donne accès à une terre, pas à plusieurs générations d’expérience de cave.

C’est ce qui rend cette histoire intéressante. La transmission foncière et celle du savoir-faire empruntent ici deux chemins différents. La famille apporte un lieu où commencer ; Laurent Vaillé accompagne l’apprentissage du vin. L’un ne remplace pas l’autre. Avoir des raisins à récolter ne suffit pas à savoir comment les conduire jusqu’à la bouteille.

Nous retenons aussi la direction choisie : la fraîcheur, la finesse et la persistance aromatique. Un rouge frais n’est pas nécessairement léger ou maigre. Il peut avoir de la matière et garder de l’élan après une bouchée. Cette sensation de continuité, plutôt qu’une impression de chaleur qui occupe tout le palais, constitue un repère très utile pour penser le repas.

Le carignan, entre assemblage et expression à part entière

Carignan, grenache et syrah composent le paysage du domaine. Les parcelles reçoivent un soin adapté à leurs besoins, et les vinifications privilégient des interventions limitées. Nous aimons rappeler qu’une cave discrète n’est pas une cave sans travail : décider d’attendre, accompagner une évolution ou intervenir au bon moment restent des choix de vigneron.

Le carignan peut entrer dans un assemblage ou devenir le seul cépage d’un vin. Dès 2022, Maxime Renaudin annonçait un projet de pur carignan issu de la récolte 2020. Notre catalogue en garde aujourd’hui une trace concrète avec un libellé Pur Carignan. Cela donne deux portes d’entrée dans le domaine, pas deux échelons dans un classement de qualité.

Un assemblage peut rechercher la complémentarité ; un vin de cépage peut rendre plus lisible une matière particulière. Aucun des deux n’est supérieur par principe. Nous préférons partir du vin et de son équilibre plutôt que promettre qu’un carignan serait toujours rustique, ou qu’un assemblage serait automatiquement plus souple. La maturité du raisin et les choix de cave comptent autant que le nom du cépage.

Une fraîcheur et une texture à mettre au service du repas

Les rouges du domaine suivent un registre parfumé, avec du fruit, une matière généreuse et une recherche de finesse. La persistance aromatique compte davantage ici qu’une démonstration de force. Ces repères permettent de situer une direction de style ; ils ne sont pas le récit d’une dégustation que nous aurions faite de chaque année ou de chaque cuvée.

À table, nous choisirions une épaule d’agneau aux herbes ou une échine de porc rôtie. L’agneau offre un jus profond qui accompagne la matière du rouge ; le porc permet un accord savoureux sans exiger une sauce très puissante. Des aubergines rôties avec des lentilles et un jus de légumes donnent une autre piste : la texture du plat compte autant que la présence d’une viande.

Nous chercherions surtout une cuisine dont les saveurs restent lisibles. Un jus, des herbes, une cuisson soignée suffisent souvent. Quand un vin est choisi pour sa finesse, lui opposer le plat le plus corsé du dîner n’est pas toujours la meilleure façon de l’entendre. L’accord doit prolonger le vin, pas le mettre à l’épreuve.

Autour de 14 °C, puis le temps de s’ouvrir dans le verre

Le conseil de service de Maxime Renaudin commence autour de 14 °C. Le rouge se réchauffe ensuite progressivement dans le verre. Nous préférons ce départ un peu frais à une bouteille restée près du chauffage : la température de la pièce n’est pas toujours celle qui convient au vin. Il s’agit de garder le fruit et l’élan, pas de servir un rouge glacé.

Son conseil initial est aussi de laisser au vin au moins deux ans et de le carafer. Ce délai donne un repère de patience ; ce n’est pas une date universelle d’apogée. Pour une bouteille jeune, l’ouverture avant le repas laisse une place à l’évolution du nez et de la bouche. Pour un vin déjà évolué, nous préférons discuter de son année et de son parcours en cave avant de conseiller un long passage en carafe.

Le temps fait ainsi partie du service, au même titre que le choix du plat. Nous ne cherchons pas à mettre en scène une bouteille, mais à réunir quelques conditions simples : une température adaptée, de l’attention au premier verre et assez de temps pour laisser le vin trouver sa place à table.

Les deux rouges de Renaudin que nous suivons au catalogue

Notre catalogue Vins français porte exactement les libellés « IGP Pays d'Hérault - Maxime Renaudin » et « IGP Pays d'Hérault Pur Carignan - Maxime Renaudin ». Ils permettent de poursuivre ensemble cette histoire : comment un domaine se construit, et comment un même cépage peut prendre plusieurs chemins. À Ferney-Voltaire comme à Saint-Genis-Pouilly, nous pouvons partir de votre repas et du style de rouge que vous aimez pour préciser le conseil.

La disponibilité et les années proposées se confirment avec nous en boutique.

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