Histoires de vignerons

Catena Zapata : du malbec d’altitude au torrontés argentin

Publié le 2026-09-22 · 6 min · Par L’équipe de la Vinothèque du Léman

En Argentine, l’altitude ne sert pas seulement à raconter un paysage spectaculaire. Elle permet de chercher des nuits fraîches, une maturation plus lente et des équilibres différents au pied des Andes. La famille Catena travaille cette idée depuis quatre générations. Nous suivons quatre de ses vins : deux malbecs, un chardonnay et un torrontés. Ensemble, ils montrent que le pays ne se résume ni à un rouge massif ni à une seule vallée.

Quatre générations ont remonté la vigne vers les Andes

Nicola Catena plante sa première vigne de malbec à Mendoza en 1902, après son arrivée d’Italie. Le domaine reste ensuite dans la famille. Nicolás Catena pousse la recherche vers des secteurs plus élevés, à une époque où l’altitude est encore regardée comme une difficulté davantage que comme un avantage. Laura Catena représente aujourd’hui la quatrième génération et poursuit ce travail avec une équipe consacrée à la vigne, au vin et à l’étude des terroirs andins.

Le principe est concret. À Mendoza, une vigne située plus haut reçoit une lumière intense, mais les soirées fraîches ralentissent la maturation et aident le raisin à garder de l’acidité. Les sols alluviaux changent d’un secteur à l’autre : limons et argiles à Lunlunta, graviers et calcaire à Gualtallary, couches calcaires épaisses à El Cepillo. Catena vendange et vinifie séparément de nombreux lots avant de les assembler. La cuvée ne gomme donc pas les origines ; elle cherche à réunir leur fruit, leur fraîcheur et leur structure.

Cette histoire explique la gamme mieux qu’une pyramide de prestige. Alamos propose un malbec immédiatement lisible. Catena Malbec assemble plusieurs vignobles de montagne. Catena Alta Chardonnay pousse plus loin la sélection de rangs historiques. Le torrontés Alamos vient, lui, de Cafayate dans la province de Salta, au nord-ouest de Mendoza. Nous passons ainsi d’une famille à plusieurs altitudes, plusieurs cépages et deux grandes régions argentines.

Deux malbecs, deux manières de construire la profondeur

Le « Malbec "Alamos" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza » va droit au fruit. Le cassis, la mûre et la cerise noire dominent, avec du poivre blanc et une nuance de chocolat en finale. La bouche est ample, mais les tanins restent souples. Nous le servons à 15 ou 16 °C, sans le chambrer longuement : quelques degrés de trop rendent le fruit plus lourd et l’alcool plus sensible.

À table, ce malbec accompagne des empanadas au bœuf, une bavette grillée, un burger aux oignons confits ou des champignons rôtis. Sa texture accepte une cuisson marquée, tandis que son fruit supporte les épices douces. Une sauce très sucrée ou un piment violent brouillerait son équilibre. Deux à cinq ans de garde constituent un repère simple pour conserver son caractère généreux. Une ouverture une demi-heure avant le repas suffit ; la carafe n’est utile que si le premier verre paraît serré.

Le « Malbec "Catena" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza » change d’échelle par l’assemblage de vignobles. Gualtallary monte à 1 450 mètres, El Cepillo se situe autour de 1 090 mètres et Lunlunta autour de 920 mètres. Réunis, ces secteurs donnent davantage de tension au fruit noir, une trame épicée et des tanins plus dessinés. Nous le servons à 16 °C sur un agneau rôti, une joue de bœuf, des lentilles aux champignons ou un gratin d’aubergines. Quarante-cinq minutes d’ouverture l’aident dans sa jeunesse. Cinq à dix ans de cave lui permettent de fondre sa structure, même si son équilibre autorise aussi un plaisir plus précoce.

Le chardonnay prend l’altitude sans perdre sa chair

Le « Chardonnay "Catena Alta" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza » vient de rangs sélectionnés dans les vignobles familiaux. Adrianna, à Gualtallary, atteint 1 450 mètres sur des sols alluviaux mêlés de graviers et de dépôts calcaires. Domingo, situé autour de 1 120 mètres, apporte un autre terrain graveleux. Le froid nocturne conserve l’acidité ; l’élevage et le bâtonnage donnent de la largeur sans devoir effacer le fruit.

Dans le verre, nous cherchons des agrumes mûrs, de la pêche, des fleurs blanches et une touche de noisette, avec une texture plus ample qu’un blanc simplement désaltérant. Ce chardonnay gagne à être servi à 11 ou 12 °C. Sorti glacé, il paraît muet ; laissé trop chaud, son élevage prend le dessus. Un verre assez large lui convient mieux qu’une flûte étroite.

À table, il trouve sa place sur une volaille à la crème, un poisson rôti, des noix de Saint-Jacques, un risotto aux champignons ou un comté encore jeune. Le gras du plat répond à sa chair, tandis que l’acidité garde l’ensemble net. Nous évitons les vinaigrettes très acides, qui durcissent le vin, et les desserts, qui le font paraître sec. Quatre à huit ans offrent un horizon raisonnable pour voir apparaître davantage de noisette et d’épices douces. Sur une bouteille jeune, vingt minutes dans le verre suffisent souvent : une longue carafe ferait perdre plus de parfum qu’elle n’en libérerait.

Le torrontés quitte Mendoza pour les hauteurs de Salta

Le libellé « Torrontes "Alamos" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza » appartient bien à notre catalogue, mais le raisin de cette cuvée conduit vers Cafayate, dans la province de Salta. Les vignes y montent entre environ 1 500 et 1 800 mètres. Le torrontés aime surprendre : son nez évoque le jasmin, la fleur d’oranger, les agrumes et la pêche, alors que sa bouche reste sèche et fraîche. Ce contraste entre parfum généreux et finale vive fait tout son intérêt.

Nous le servons à 9 ou 10 °C, assez frais pour souligner les agrumes, mais jamais glacé. Il accompagne un ceviche peu pimenté, des crevettes au citron vert, un curry doux de légumes, des asperges ou un fromage de chèvre frais. Ses arômes répondent aussi aux herbes comme la coriandre et le basilic. Un plat très sucré donnerait au vin une finale plus sévère ; un bleu puissant couvrirait ses fleurs.

Le torrontés se boit surtout pour son éclat. Un à trois ans de garde préservent les fleurs, les agrumes et l’énergie du vin. Nous n’attendons pas de lui la même évolution que du Catena Malbec ou du Catena Alta Chardonnay. Il apporte autre chose : une ouverture aromatique immédiate et une fraîcheur qui permet de commencer un repas sans lourdeur. C’est aussi la preuve la plus claire, parmi ces quatre cuvées, que l’identité argentine du vin dépasse largement le seul malbec.

Ce que nous référençons de la famille Catena

Notre catalogue cite exactement « Chardonnay "Catena Alta" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza », « Malbec "Alamos" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza », « Malbec "Catena" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza » et « Torrontes "Alamos" - Bodegas Catena Zapata, Mendoza ». Nous les voyons comme quatre places à table : Alamos Malbec pour le fruit souple et la grillade, Catena Malbec pour un plat plus profond, Catena Alta Chardonnay pour une cuisine crémeuse ou un poisson rôti, Alamos Torrontés pour les agrumes, les herbes et les épices douces.

Dites-nous ce que vous cuisinez et si vous préférez l’éclat du fruit ou une bouteille déjà assagie : nous vous orienterons franchement entre les deux boutiques. La disponibilité de ces cuvées varie selon les arrivages.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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