Little Lion : Aurélien Petit trouve son chemin dans le Swartland
Un projet de vin peut commencer sans château, sans chai à son nom et sans vignoble hérité. Celui d’Aurélien Petit s’est construit avec des vendanges, des agriculteurs et des portes de cave ouvertes. Derrière Little Lion, que nous référençons, il y a un jeune agronome de Nyons et un parcours sud-africain commencé en 2023. Pour le comprendre, suivons moins une étiquette qu’un chemin : apprendre ailleurs, choisir des raisins, trouver où les vinifier, puis revenir pour accompagner le vin.
De Nyons aux vendanges des deux hémisphères
Aurélien Petit grandit dans une famille d’agriculteurs de Nyons, dans la Drôme provençale, entre vignes, truffes et oliviers. Sa formation passe par un master en sciences agronomiques à l’École supérieure d’agriculture d’Angers. Le vin ne lui arrive donc pas seulement par la cave : les cultures et le travail de la terre font partie du point de départ.
Viennent ensuite les saisons auprès d’autres vignerons. À Marsannay, il travaille avec Sylvain Pataille ; à Arbois-Pupillin, avec Benjamin Benoît, au Cellier Saint-Benoît ; à Gigondas, avec Benjamin Gras, au domaine Santa Duc. Son apprentissage le mène aussi en Argentine, dans le Douro et en Nouvelle-Zélande. Ce sont des lieux très différents, pas les étapes d’une recette unique à rapporter dans ses bagages.
Nous aimons cette façon d’aborder un parcours : les noms donnent des repères, mais le travail compte davantage que le palmarès des adresses. Aurélien poursuit d’ailleurs des collaborations après avoir commencé ses propres vins. Son temps se partage entre le Rhône méridional et le Swartland. La création de son projet ne marque pas la fin de l’apprentissage.
2023, 2024, 2025 : trois étapes pour prendre racine
Le premier millésime sud-africain naît en 2023, après une arrivée en janvier chez Thinus et Hanneke, à Fram Wines. Le réseau local de Thinus lui ouvre l’accès à de vieux parcellaires. Avant de posséder un bâtiment, il faut donc rencontrer les personnes qui cultivent les raisins et comprendre les lieux dont ils viennent.
En 2024, le projet se rapproche du Paardeberg, dans le Swartland. Les sols granitiques et les vieilles vignes orientent ce déplacement. La vinification se déroule chez MC Stander, dans la cave de (l) Equinox Wines : Aurélien apporte plusieurs mois de travail au projet de son ami en échange de son accueil. Il ne s’agit pas simplement de louer un espace vide ; l’hospitalité s’accompagne d’un travail partagé.
Une nouvelle étape arrive en 2025, avec une installation aux côtés de Christopher Krüger, de Viento Wines, à Paarl. Cette chronologie explique un projet qui se construit progressivement, sans confondre l’adresse de la cave avec l’origine de chaque raisin. Chez un jeune vigneron, changer de lieu de vinification peut faire partie de la recherche d’un ancrage, plutôt que signaler un changement complet de direction.
Le raisin reste un travail de relations
Aurélien élabore de petites quantités à partir de raisins cultivés par des vignerons avec lesquels il développe des liens étroits. Pour le millésime 2024, une partie des raisins vient encore du nord du Swartland, tandis que le Paardeberg prend davantage de place. Le projet ne se résume donc ni à un seul sol ni à une parcelle immuable.
Cette distinction nous paraît utile lorsqu’on découvre une maison récente. Le nom du vigneron dit qui choisit et vinifie ; le lieu dit autre chose, tout aussi important. Deux cuvées d’une même personne peuvent raconter des paysages différents. De même, deux cinsaults ne deviennent pas interchangeables sous prétexte qu’ils partagent un cépage.
Le cinsault Blossom Steward de 2024 vient ainsi d’une colline granitique du Paardeberg, alors que Bushveld 2023 provient de vieilles vignes franches de pied du Skurfberg, sur des grès décomposés. Ce sont deux exemples du travail d’Aurélien, et non deux noms à confondre avec tous les libellés de notre catalogue. Leurs origines distinctes donnent une bonne raison de s’intéresser au lieu autant qu’au cépage.
Un élevage suivi même lorsque le vigneron repart
Le partage du temps entre France et Afrique du Sud pourrait donner l’image d’un vigneron toujours en mouvement. Le vin, lui, reste en cave. Pendant les élevages, des amis sur place assurent l’ouillage et les analyses régulières. Aurélien revient pour les assemblages et la mise en bouteilles, avant les vendanges suivantes. L’organisation repose sur une continuité du travail, pas seulement sur sa présence au moment de récolter.
La syrah Renosterblom 2024 donne un exemple précis des gestes de cave. L’encuvage alterne des grappes entières et des baies éraflées intactes, avec plus de 60 % de grappes entières. Après quelques jours en cuve fermée viennent un foulage au pied et des remontages quotidiens, jusqu’au pressurage après environ deux semaines. L’élevage dure onze mois dans des pièces bourguignonnes déjà utilisées.
Ce vieux bois accompagne le vin sans chercher le parfum appuyé d’un fût neuf. Pour nous, l’intérêt de ces détails tient à ce qu’ils éclairent une intention : préserver le fruit et construire la texture. Ils racontent un travail, sans remplacer ce que chacun percevra dans son verre.
Une syrah à table, plutôt qu’une idée de rouge puissant
Dans Renosterblom 2024, le registre associe olive noire, épices douces et herbes sèches, avec des tanins fins. La syrah sud-africaine ne se réduit donc pas à l’image d’un rouge massif. Nous la présenterions d’abord par sa fraîcheur et son relief aromatique, puis par sa matière.
À table, notre conseil serait un service autour de 15 °C avec une volaille rôtie aux herbes, une échine de porc ou des légumes grillés accompagnés de lentilles. Une sauce trop sucrée ferait passer le fruit au second plan ; une cuisson rôtie et quelques herbes laissent davantage de place au vin.
Nous ne donnerions pas à toute la production la même durée de garde : les raisins, les cuvaisons et les années diffèrent. Pour une première découverte, le fruit et les tanins fins sont déjà un bon point d’entrée. Une longue attente n’est pas une obligation pour comprendre ce travail.
Les deux rouges Little Lion que nous référençons
Notre catalogue porte les libellés « Cinsault Franc de Pied - Little Lion Wines, Swartland » et « Syrah "Renosterblom" - Little Lion Wines, Swartland ». Le premier ouvre la porte du cinsault, le second celle de la syrah. Nous préférons partir de ces noms exacts, puis préciser ensemble la cuvée et l’année, plutôt que faire entrer tout le parcours d’Aurélien dans une seule fiche.
À Ferney-Voltaire comme à Saint-Genis-Pouilly, nous pouvons vous aider à choisir entre ces deux chemins selon le plat prévu et le style de rouge que vous aimez. Pour connaître les années et la disponibilité, le mieux est de nous en parler en boutique.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
Une question reste en suspens ?
Dites-nous ce que vous préparez, ce que vous aimez et le budget que vous souhaitez garder. Un caviste de Ferney-Voltaire ou de Saint-Genis-Pouilly vous répond simplement.
Écrire à un caviste